
Plus de 80 techniques
Le terme massothérapie englobe un ensemble de techniques de massage qui, malgré leurs différences de philosophie et de manipulations, partagent un certain nombre de principes et de méthodes ayant pour objectif de favoriser la détente (musculaire et nerveuse), la circulation sanguine et lymphatique, l'assimilation et la digestion des aliments, l'élimination des toxines, le fonctionnement des organes vitaux et l'éveil à une conscience psychocorporelle. La massothérapie se pratique surtout à l'aide des doigts et des mains, mais aussi avec les pieds, les coudes et même les genoux. Selon la technique utilisée, les manoeuvres peuvent être appliquées sur tout le corps ou sur une seule partie, sur la peau, les muscles, les tendons et les ligaments ainsi que sur des points spécifiques situés le long des méridiens. Bien qu'il existe plus de 80 techniques de massage et de travail corporel (bodywork), on peut les regrouper en quatre catégories principales : Les techniques orientales, basées sur les principes énergétiques de la médecine traditionnelle chinoise (massage tuina, acupression, shiatsu, réflexologie) La tradition européenne, basée sur les principes d'anatomie et de physiologie occidentaux et la manipulation des tissus mous (massage suédois) La tradition moderne nord-américaine, également basée sur les principes d'anatomie et de physiologie occidentaux, mais qui intègre une dimension psychocorporelle aux concepts traditionnels (massage californien) Les thérapies énergétiques non orientales, inspirées d'anciennes pratiques de guérison utilisant l'imposition des mains (toucher thérapeutique, reiki et la polarité)
Vieux comme le monde
Des textes et des illustrations démontrent que le massage faisait partie de la Médecine traditionnelle chinoise, vieille de 4 000 ans, ainsi que de la médecine ayurvédique de l'Inde. En Occident, la pratique date de l'époque gréco-romaine. Chez les Grecs, passionnés par la beauté et l'éducation physique, le massage s'inscrivait dans la culture populaire. Il était de coutume, dans les gymnases et les palestres, de faire suivre un bain d'une bonne friction avec des huiles. Hippocrate (460-377 av. J.-C.), le "père" de la médecine occidentale, l'utilisait comme méthode de traitement. Par contre, chez les Romains, le massage n'avait aucune connotation scientifique. Il se pratiquait dans les endroits publics (salles de repos, gymnases, ateliers de massage), mais ces lieux mal fréquentés se transformèrent en lieux de débauche, ce qui contribua à la mauvaise renommée du massage. Au Moyen Âge et durant une bonne partie de la Renaissance, il fut proscrit par le clergé. On devra attendre la fin de la Renaissance pour que des médecins mettent de côté ces histoires anciennes et réintroduisent la pratique. Ce n'est qu'au XIXe siècle que l'on voit apparaître le mot "massage" dans le vocabulaire français. Le terme vient du grec massein (en hébreux mashesh et en arabe mass) et signifie presser légèrement, palper, pétrir. Depuis la découverte de la circulation sanguine par Harvey, au XVIIe siècle, jusqu'à Piorry, qui fut le premier en 1818 à entreprendre des recherches sur les effets du massage, la massothérapie n'a cessé d'évoluer, de faire sa place dans la société et de s'intégrer dans les soins de santé. De 1960 à 1970, en réponse au grand virage technologique et pharmacologique de la médecine moderne, on assiste à une véritable renaissance de la médecine holistique et des techniques de massage et de travail corporel. Aux États-Unis, la reconnaissance de la profession remonte à 1943, au moment où une classe de finissants du College of Swedish Massage à Chicago décident de former une association qui s'appelle aujourd'hui l'American Massage Therapy Association (AMTA)1. Tandis qu'en Europe, ce sont les professions de kinésithérapeute et de masseur-kinésithérapeute qui sont reconnues. En Allemagne, la pratique est couverte par le régime d'assurance maladie et, en Chine, elle est complètement intégrée au système de soins de santé si bien que l'on trouve un service de massothérapie occupant deux étages de l'un des hôpitaux de Shanghai. Applications
Compte tenu de ses nombreuses vertus thérapeutiques, la massothérapie convient à la plupart des gens, des tout-petits aux personnes âgées. Ses effets, à la fois apaisants et énergisants, pourraient diminuer l'excitabilité nerveuse, soulager les affections causées par le stress (maux de dos, migraine, épuisement, insomnie), accroître la circulation sanguine et lymphatique et entraîner un état de bien-être général. On pense également qu'elle peut renforcer le système immunitaire, bien qu'elle ne saurait toutefois guérir des maladies graves. Bien qu'on ait mené une multitude d'essais cliniques (notamment au Touch Research Institute de l'université de Miami) qui rendent compte des multiples applications thérapeutiques de la massothérapie, et malgré le fait que le massage soit, du moins aux États-Unis, l'approche non conventionnelle la mieux intégrée aux soins hospitaliers classiques, la recherche scientifique visant à confirmer l'efficacité des interventions de massothérapie se heurte à un problème technique de taille. En effet, il est très difficile de concevoir des protocoles d'essai avec placebo et double insu, ce qui nuit à l'obtention de données qui permettraient de tirer des conclusions fermes quant à l'efficacité du massage. Malgré ces limitations, l'état actuel de la recherche scientifique indique que la massothérapie peut être utile, sur le plan clinique, pour plusieurs applications thérapeutiques. Documents à télécharger Retour à la page précédente
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