
| A qui doit on faire confiance ? Longtemps en France la perception a été forte que tout ce qui touche au corps est médical, et que seuls des médecins (ou des kinésithérapeute) sont qualifiés pour agir. Dans le domaine du massage, il faut clarifier les définitions, l'état du droit et de l'organisation de l'activité de masseur - en France et ailleurs. Commençons d'abord par un tour du monde. Le massage de bien être dans le monde
Aux États-Unis, la reconnaissance de la profession remonte à 1943, au moment où une classe de finissants du College of Swedish Massage à Chicago décident de former une association qui s'appelle aujourd'hui l'American Massage Therapy Association (AMTA). |  |
La profession de masseur "bodyworker" est distincte de celle de physiothérapeute et de chiropracteur (qui assurent la rééducation et le côté médical). Près de 30 millions d'Américains se font masser régulièrement : ils ont leur masseur comme certains leur "psy" ou leur esthéticienne. Chaque état américain dispense une licence de travail et accueille des écoles de massages qui délivrent un droit d'exercice (trois à six mois d'études en continu). Au Canada, la profession de "massothérapeute" est reconnue, représentée par une fédération d'écoles spécialisées. Cet engouement se traduit par la multiplication des spas, où l'on associe activités liées à l'eau (sauna, bains, piscine), exercice physique, soins du corps et massages. Distinct de notre thalassothérapie, ce concept est destiné à des personnes soucieuses de leur santé et non à des malades. Ces lieux sont non médicalisés, à l'inverse du principe français de médicalisation de toute activité corporelle. Avec une sécurité de l'emploi plus faible et une couverture sociale moindre, les Nord-américains sont plus motivés par les techniques de prévention de santé. Ils plébiscitent les spas et les massages de "confort" pour s'assurer une remise en forme physique en quelques jours. Dans des pays européens tels que la Suède, les professions médicales et non médicales sont distinctes et vivent en bonne entente. En Allemagne, la pratique est couverte par le régime d'assurance maladie et, en Chine, elle est complètement intégrée au système de soins de santé - si bien que l'on trouve un service de massothérapie occupant deux étages de l'un des hôpitaux de Shanghai. En France, le massage de bien-être doit se frayer un chemin entre certains interdits qui ont la vie dure, et les préjugés qui l'associent soit à une pratique médicale, soit à une pratique à connotation sexuelle. Mais les choses changent. La profession de masseur de bien-être, dont l'évolution a longtemps été contrainte par le monopole des kinésithérapeutes, est en train de s'organiser. France : petit à petit, la fin du monopole
Ainsi en France depuis 2000, le massage de confort échappe au monopole des kinés - même si ceux si ont du mal à s'y faire. Le massage pratiqué par les kinésithérapeutes est considéré comme une activité paramédicale, technique d'appoint dans un but de rééducation ou de soin d'un symptôme physique précis. Jusqu’à la modification du Code de la Santé Publique en juin 2000, les masseurs-kinésithérapeutes avaient l'exclusivité des massages en France, "qu'ils soient thérapeutiques ou non". Aujourd’hui, le Code précise que leur activité consiste à pratiquer habituellement le massage et la gymnastique médicale, sous le contrôle d’un médecin quand le but du massage est thérapeutique (décret de compétence des kinésithérapeutes, ordonnance N°2000-548 du 15 juin 2000, art. L 4321.1). Malgré l'évolution juridique, certains kinés veulent encore défendre leur pré carré, même s'ils perdent régulièrement les procès qu'ils intentent aux masseurs de bien être. On peut sans doute comprendre leur frustration : un massage de bien-être rapporte plus qu’une séance de rééducation médicale, mais parce qu'ils sont des auxiliaires du corps médical, les kinés n'ont pas le droit de faire de la pub en parlant de "bien-être". En fait il semble être difficile pour eux de choisir entre la protection que leur procure leur statut, et la liberté du secteur commercial. Pourtant les kinés devraient comprendre que les masseurs de bien être ne leur "volent" pas de clients. Pour une raison toute simple: les kinés n'offrent pas de bien être, mais des soins - souvent prodigués dans l'urgence ou l'indifférence. En contraste, les masseurs de bien être aident les gens à mieux se porter - d'une manière préventive, sans prétention médicale. La meilleure preuve: de plus en plus de kinés se reconvertissent dans le "bien être"... Retour à la page précédente
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