
Les compléments alimentaires sont des micronutriments (vitamines, acides gras et oligo-éléments) qui sont indispensables à l’alimentation humaine car ils permettent les métabolismes requis par l’ingestion des aliments . Ces nutriments sont théoriquement disponibles dans une alimentation équilibrée. C’est le credo des autorités sanitaires dans la plupart des pays. Panorama
Hier sceptiques, les Français se convertissent à leur tour aux compléments alimentaires, désormais parés de multiples vertus thérapeutiques ou préventives. Ils ne consomment à l’heure actuelle des compléments qu'en cures limitées dans le temps. Seulement 2% d'entre eux déclarent en prendre tous les jours, contre 40% des Américains. Dans la jeune génération, la première pilule signe la transgression. C'est, par exemple, un complément pour le bronzage acheté à la veille des vacances. Tout laisse à penser qu’ils seront plus tard des consommateurs au long cours, comme les Américains ou de plus en plus nos voisins Britanniques. |  |
Le marché des compléments alimentaires a cru en France en 2003 de 48% dans les boutiques spécialisées et de 28% dans la grande distribution, à 105m€. D’une manière plus générale, le marché français des produits alimentaires allégés a cru de 11% en 2003, à 1,7M€ - soit 4 fois plus que le marché de l’alimentation traditionnelle (source : XERFI, 08/2004). La grande distribution est le premier circuit de distribution de l’ensemble des produits diététique, minceur et compléments alimentaires, avec 34,6% du C.A. global. Et selon les segments, leur part varie. Elle est de 45% sur les produits de régime et de l’effort et de 37,4% sur la minceur. De fait, la part des autres circuits diffère également. Les magasins spécialisés arrivent en tête sur la distribution des compléments alimentaires (33,2%). Tandis que les chaînes de | Les vitamines utilisées pour compléter l’apport journalier recommandé (A.J.R.) sont logiquement appelées "compléments". Si elles sont utilisées, comme par certains sportifs, au delà de l’A.J.R., elles deviennent des "suppléments". Enfin, les aliments fonctionnels sont des aliments dont les qualités intrinsèques peuvent en faire un complément de bonne santé. L’ensemble de ces produits est regroupé dans la catégorie "alicaments" (pour : aliment et médicaments) ou "nutricaments". |
parapharmacie se distinguent sur la minceur (26,3%) et les officines sur les produits de régime et de l’effort (36,6%). La part de le distribution par Internet est difficile à estimer, mais indéniablement en augmentation sensible et régulière (source : DAFSA, 2001). Carences ou pas ?
En se sédentarisant au cours de son évolution, l’homme s’est confiné géographiquement à la nourriture la plus proche, peu variée : les céréales, un peu d’élevage. L’analyse des dentitions montre que, comparé à ceux du Moyen âge, les hommes du paléolithique étaient globalement en meilleure santé. De nos jours, avec l’amélioration des transports et des communications, nous avons retrouvé un semblant de la nourriture varié de nos ancêtres nomades chasseurs cueilleurs : les maladies liées à des carences nutritionnelles ont quasiment disparu. Cependant, l’abondance alimentaire ne nous met pas à l’abri de tous les déficits. La richesse en vitamines, oligo-éléments, et minéraux a énormément diminué : les produits actuellement consommés (sucres, matières grasses, farines blanches) perdent une partie de leurs constituants naturels au cours de leurs traitements industriels. Bien que la plupart des occidentaux bénéficient d'une alimentation abondante et variée, des déficits en vitamines et en minéraux sont souvent rencontrés. D’après Serge Hercberg (directeur de recherche à l’INSERM), « nous sommes passés du concept classique de carence (Des déficits majeurs, comme les marins d'autrefois qui attrapait le scorbut parce qu’ils manquaient de vitamine C) à un nouveau concept de déficiences ou subcarences, telles qu’on les observe dans les pays industrialisés ». En effet, les aliments ne contiennent plus ce qu'ils devraient à cause des techniques de culture et du système de conservation. Beaucoup de légumes et de fruits poussent dans des serres, parfois cultivés hors sol. Ils sont beaucoup plus vulnérables et nécessitent plus d’engrais chimiques en tout genre, trop riches en potassium et trop pauvres en magnésium. Certains pesticides détruisent la flore bactérienne qui entoure les racines des plantes. Or ces bactéries sont essentielles, car elles extraient les minéraux du sol et les transmettent aux végétaux. D'après une expertise collective menée par l'INSERM, en France, c'est en fait 19 à 32 % de la population qui risquent d'être en insuffisance d'apport. Affrontement frontal
L’utilisation des compléments alimentaires fait l’objet d’un débat de plus en plus bruyant entre l’establishment ‘médicalo-agro-alimentaire’ et les tenants d’une approche plus globale et plus transparente. D’un coté, l’industrie des compléments alimentaires utilise un argument menace (Peut être plus qu’elle ne devrait, surtout aux États-unis) : « vous êtes carencez, il faut donc que vous preniez des compléments ». De l’autre, les nutritionnistes officiels se cramponnent à un argument simpliste : "une alimentation équilibrée est tout ce qu’il vous faut – mangez cinq fruits par jour !" Sauf que ces derniers négligent le fait essentiel que le changement des habitudes alimentaires – et/ou l’indisponibilité d’aliments sains, rendent impossible d’avoir une ‘alimentation équilibrée’ telle qu’ils l’envisagent. Par ailleurs, les scientifiques avouent –malgré eux – qu’ils ont un mal fou tout simplement à quantifier ce que les gens ingèrent. Par conséquent ils savent fort mal ce dont nous nous nourrissons vraiment. Mais alors, comment réussissent ils à réconcilier cet état de fait avec leur ‘dogme’ selon laquelle il suffit de ‘manger équilibré’, en n’oubliant pas nos ‘cinq fruits par jour’ ? Dans un monde idéal, peut être
Réponse : ils se cramponnent à une vision théorique du monde. Dans un monde idéal, leur fameuse ‘alimentation équilibrée’ suffirait. Mais de quel monde parlent ils ? Sans doute d’un monde dans lequel les gens consomment uniquement des produits frais, prennent le temps de faire la cuisine, trouvent des fruits et des légumes véritablement mûrs et du pain sain (non pas gonflé à l’eau). Bref, un monde dans lequel les distributeurs modernes façon Carrefour ou Leclerc n’existent pas, car c’est la pression économique exercée par les sociétés de distribution sur leurs fournisseurs qui expliquent en grande partie la dégradation de la qualité. Mais ce n’est plus le monde dans lequel nous vivons. Il y a donc un hiatus majeur entre ce que les consommateurs ‘vivent’ et ce que les diététiciens de l’establishment professent. De toute façon il est impossible de mettre en œuvre leurs recommandations : pour trouver les nutriments leurs recommandations de la pilule Suvimax (Conduite par l’INSERM sur 7 ans et auprès 13.525 volontaires, cette étude a démontré que les compléments alimentaires réduisent la mortalité et les risques de cancer. La pilule Suvimax contient 6 mg de bêta carotène, 120 mg de vitamine C, 30 mg de vitamine E, 100 µg de sélénium et 20 mg de zinc), il faudrait manger 13 kilos de fruits et légumes chaque jour. C’est aussi économiquement infaisable : en comptant que les fruits et légumes coûtent en moyenne 1,5€ le kilo, l’addition mensuelle se monte à 1.755€ pour une famille de 3 personnes (13kg x 1,5€ x 30 jours x 3) (source : Thierry Souccar & Isabelle Robard, dans Santé, mensonges et propagande, Arrêtons d’avaler n’importe quoi !, Éditions du Seuil, avril 2004, page 227). Prise de conscience
De plus en plus de consommateurs se rendent compte de cet état de fait – même s’ils n’en comprennent pas la raison. Ils se rendent compte que le pain de leur supermarché n’est clairement pas le même que celui qui vient de leur boulanger ou que les fruits qu’ils y trouvent sont tous identiques, formatés et sans goût. On ne nous dit pas que c’est l’organisation même de la grande distribution (GMS) qui est en grande partie responsable de la dégradation de la qualité. Nos élus aussi sont responsables, car nos lois ne nous protègent même pas. Quand elles ne sont pas en retard, elle sont souvent contournées par les acteurs de la chaîne de la nutrition – tout à fait légalement. Ainsi quand une substance est bannie en tant que composant d’un produit, on la retrouve parfois comme… édulcorant ! Pas d'alternative, finalement
Résultat : un très grand nombre de produits mis à disposition des consommateurs par le biais de la grande distribution sont ‘frelatés’, c’est à dire non conformes à la théorie professée par les nutritionnistes officiels. Les plus pauvres de nos concitoyens sont les plus exposés – car ils n’ont pas les moyens d’aller acheter leur alimentation ailleurs . Et ceux qui ont les moyens doivent faire beaucoup d’effort pour tendre vers cette alimentation équilibrée. Dans notre monde moderne, utiliser des compléments alimentaires est donc (malheureusement) la seule manière de tendre vers une alimentation raisonnablement équilibrée. Documents à télécharger Retour à la page précédente
|